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17 octobre... triste anniversaire

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5 octobre 1961, communiqué du préfet de police Maurice Papon

"Dans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des mesures nouvelles viennent d'être décidées par la préfecture de police. En vue d'en faciliter l'exécution, il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. (...)

D'autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musulmans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d'Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures."

Ce préfet qui a officiellement installé un contrôle racial dans les rues de Paris en octobre 1961 et qui a dirigé la répression sanglante contre les algériens de Paris le 17 octobre, dont certains furent tués sous ses yeux dans la cour de la Préfecture de Police de Paris  fut par la suite ministre de la République. Trois hommes s'élevèrent contre cette répression, Gaston Deferre et Eugene Claudius-Petit à l'Assemblée Nationale et Claude Bourdet au Conseil de Paris. Tous les trois furent de grands résistants, Eugene Claudius-Petit et Claude Bourdet sont des Compagnons de la Libération.

Maurice Papon dirigea la répression de la manifestation du parti communiste de la CGT et de l'UNEF contre les attentats de l'OAS qui fut réprimée au métro Charonne le 8 février 1962. Il y eut 9 morts. 1 million de parisiens suivirent leur cortège funéraire.

Il a été condamné par la Cour d'Assises de la Gironde le 2 avril 1998 pour avoir en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde commis un crime contre l'humanité en fournissant une aide administrative et policière à la déportation de familles et d'enfants juifs entre 1942 et 1944.

Pour avoir été sans mémoire en 1945 la France laissait se préparer de nouveaux crimes. Il n'y a pas de responsabilité possible là ou l'on interdit la mémoire.